Monday, June 13, 2011

Saison cyclonique, test redoutable pour le nouveau régime


La saison cyclonique commence à peine à Haïti, plus d’une vingtaine de morts sont à déplorer dans la seule région métropole de Port-au-Prince. Un test redoutable pour Michel Martelly, qui a accédé à la magistrature suprême mi-mai. Reportage à La Vallée de Bourdon, un bidonville accroché à l’une des montagnes qui surplombent la capitale haïtienne. Lire la suite

Embouteillages à Port-au-Prince, un calvaire au quotidien


La circulation automobile devient de plus en plus compliquée à Port-au-Prince. Les débris des bâtiments effondrés durant le séisme du 12 janvier 2010 ne font qu’empirer la situation. Aux heures de pointe, plusieurs rues, notamment Lalue, Bourdon, autoroute de Delmas, Carrefour sont totalement bloquées, durant parfois plusieurs heures. Lire la suite

Nazon vidé de ses décombres


Nazon, un quartier résidentiel de Port-au-Prince, a été durement frappé par le séisme du 12 janvier 2010. Ce projet financé par l’Agence américaine de Développement (USAID) avait pour objectif de dégager le quartier des dizaines de milliers de mètres cubes de gravats. Bilan de ce projet qui pourrait être répliqué dans d’autres quartiers. Lire la suite

Inondations meurtrières à Port-au-Prince


Les pluies torrentielles auraient fait plus de 10 morts à Haïti. Dans les camps, c’est le “chaos”. Lire la suite

Saturday, June 4, 2011

« Goudou-Goudou, les voix ignorées de la reconstruction » rapatrié à Port-au-Prince


Après une tournée réussite en Europe où il a été primé, « Goudou-Goudou, les voix ignorées de la reconstruction » sera projeté pour la première fois en Haïti, à l’occasion de la journée latino-américaine de la presse. La projection sera suivie d’un débat animé par les journalistes qui ont pris part au web-documentaire tourné dans des camps de réfugies de Port-au-Prince et monté au Centre opérationnel des médias.

Ils de nomment Roberson Alphonse, Ralph Joseph, Mc Haendel Paulemon, Orpha Dessources et Eloge Milfort, les cinq journalistes de radios locales qui traitent autant de thématiques cernés par Benoit Cassegrain et Giordano Cossu dans « Goudou-Goudou, les voix ignorées de la reconstruction ». La reconstruction d’Haïti est le point commun des portraits dressés par les infatigables reporters et présentateurs.

Dans ce film ayant obtenu la mention spéciale du jury au Festival de la web-TV de La Rochelle (France) et a primé au Festival international de journalisme de Perugia (Italie), Roberson Alphonse nous emmène sur le terrain de l’art, et de l’engagement des artistes. Après le tremblement de terre, de nombreux artistes ont utilisé leur talent pour s'exprimer. Le responsable de la salle des nouvelles de Magik 9 présente un graffeur de la capitale, Jerry, qui peint des situations de la vie post-séisme telle un caricaturiste de journal.

Auteur de la rubrique « le camp du jour », pour le programme radio Enfomasyon nou dwe konnen (ENDK), Ralph Joseph, ouvre pour les cinéphiles les portes des camps de Port-au-Prince et retrace la vie difficile qu’y vivent à l’époque quelque 1,5 million des sans-abris, selon les chiffres controversés des ONG. Des chiffres, disons, révisés à la baisse par l’Usaid dans un récent rapport.

Avec Mc Haendel Paulemon, c’est la question de la gestion des débris et de la reconstruction qui surgit. Journaliste d’investigation pour ENDK, il a enquêté sur cette question afin de comprendre pour les déblaiements et la reconstruction connaissent de telles lenteurs dans un pays souvent frappé par le malheur.

Un nouveau mal, en effet, ronge Haïti depuis octobre 2010. Il s’agit d’une épidémie de choléra qui propageait rapidement dans les différentes régions du pays. Orpha Dessources, journaliste à Radio Boukman (radio communautaire de Cité Soleil), enquête dans son quartier bidonville. Qu’est-ce que les gens ressentent par rapport à cette nouvelle maladie, inconnue à la plupart d’eux ?

Comme si le hasard la voulu lier les thématiques, les casques bleus de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti, par ricochet des humanitaires sont indexés. Ainsi, Eloge Milfort, reporter de Radio Métropole, mène une délicate enquête de l’impact de l’action des ONG. Son but est de comprendre les changements qu’engendre cette forte présence sur le marché du travail, sur le coût de la vie et pourquoi la perception des haïtiens vis-à-vis de ces organisations a profondément changé en quelques mois.

« Goudou-Goudou, les voix ignorées de la reconstruction », web-documentaire réalisé par Benoit Cassegrain et Giordano Cossu, avec le soutien de RFI, la Fondation de France et Reporters sans Frontières est attendu à la mardi 7 juin 2011 à la salle Unesco de la Fokal. Au Après une tournée réussite en Europe où il a été primé, « Goudou-Goudou, les voix ignorées de la reconstruction » sera projeté pour la première fois en Haïti, à l’occasion de la journée latino-américaine de la presse. La projection sera suivie d’un débat animé par les journalistes qui ont pris part au web-documentaire tourné dans des camps de réfugies de Port-au-Prince et monté au Centre opérationnel des médias.

Tuesday, May 31, 2011

Les journalistes face à l’accélération du temps

Passer au web est désormais perçu comme une opportunité pour les journalistes et médias haïtiens. Rédacteurs, photographes, graphistes… participent au Centre opérationnel des médias à une série de formations sur l’utilité du web et du multimédia.

Elodie Vialle, rédactrice en chef de Youphil.com et Thomas Garric, formateurs

Cette série, lancée dans la matinée du 31 mai 2011, est ouverte à plus d'une vingtaine de rédacteurs, photographes, monteurs et blogueurs haïtiens. « Apporter une formation technique spécifique, orientée à une utilisation plus efficace des nouveaux outils multimédia et internet », est l’objecteur fixé par Solidar'IT, une association française. Les photoreportages, portfolios sonores et courts vidéo sont désormais communs dans les médias de la plupart des pays et constituent des formats essentiels pour le journaliste moderne, estime Giordano Cossu, gestionnaire du projet. La formation s’accompagne d’une session de réflexion et de débat sur les nouveaux enjeux éthiques posés par le web: fallait-il montrer les photos d’enfants blessés ou décédés après le séisme, comment fonctionne le droit d’auteur sur internet, comment gérer la « rumeur » sur Twitter?
Des participants à la première journée de la formation

Ces sessions sont organisées par Solidar'IT en partenariat avec Reporters sans frontières (à travers le Centre opérationnel des médias, mis en place à Port-au-Prince après le séisme du 12 janvier 2010), le Groupe Medialternatif et l’Unesco sont animées par Élodie Vialle, rédactrice en chef de youphil.com; le webmaster, Thomas Garric et Giordano Cossu de Solidar'IT. C’est le deuxième grand projet mené en Haïti par l’équipe de Solidar'IT. Elle a réalisé en hiver dernier, « Goudou-Goudou, les voix ignorées de la reconstruction », un webdocumentaire sur la reconstruction de la demi-île vue par cinq journalistes haïtiens. « Goudou-Goudou, les voix ignorées de la reconstruction » dont le montage a été effectué au Centre opérationnel des médias, sera projeté pour la première fois en Haïti à la Fokal, le mardi 7 juin 2011, jour latino-américaine de la liberté de la presse. 

Thursday, May 19, 2011

Le journalisme, parent pauvre de la reconstruction

« On va dans mon bureau? », propose Frantz Duval. Le rédacteur en chef du quotidien haïtien Le Nouvelliste fait trois pas, puis s'assied sur un muret : « C'est ça, mon bureau! », lance-t-il sur le stationnement où il a rapatrié les rédactions du vénérable journal et de la revue culturelle Ticket après le séisme de janvier 2010.


« On a récupéré deux places de parking et on a recouvert avec de la tôle ondulée », dit-il en désignant l'abri où travaillent les journalistes du quotidien fondé en 1898. Presque un luxe au regard des conditions de leur douzaine de collègues de Ticket: ils rédigent leurs articles sur une table posée à l'extérieur, à la merci de la première ondée. Mais selon l'éditorialiste, là n'est pas le problème. « Du matériel, ça se remplace », note-t-il, en jonglant entre son iPhone et son BlackBerry. « Ce qui est vraiment embêtant, c'est la main-d'oeuvre. »


Partir
La rédaction du Nouvelliste a perdu une dizaine de journalistes après le séisme. Partis à l'étranger ou recrutés par des organisations non gouvernementales ou internationales. « Cela déstabilise les médias », regrette M. Duval, tout en comprenant « que chaque travailleur cherche les meilleures conditions ».
Jeune espoir du journalisme haïtien, Mackenzy Jean-Baptiste, 26 ans, a quitté en juin l'agence Haitian Press Network pour les communications de l'ONG Plan international. « Je n'avais plus la possibilité de m'épanouir, et il y avait la situation économique... », dit-il. Il touche désormais 1000$ par mois, contre 150 auparavant, soit le salaire d'un serveur d'un établissement huppé.
« Beaucoup de journalistes sont partis travailler dans des ONG, les offres sont bien plus intéressantes », raconte Sadrac Charles, 34 ans. En juillet dernier, il a dit au revoir à la Radio RCH 2000, où il gagnait à peine 125$ par mois, afin de rejoindre les relations publiques de l'ONG Viva Rio.

La profession « appauvrie »
Pour Guy Delva, président de l'association SOS journalistes, ce phénomène « appauvrit la profession ». « Le journalisme est le parent pauvre de la reconstruction. La profession a eu très peu d'attention, comme si elle n'avait pas été touchée par le séisme... », déplore-t-il, rappelant que beaucoup de ses confrères dorment encore sous des tentes ou ont eu leur salaire divisé de moitié. « La situation devient impossible. »
Ces défections ont pour effet d'appauvrir la qualité de l'information. Face à la précarité de la profession, il arrive à certains reporters de se faire payer pour publier un portrait flatteur, confie Réginald Boulos, riche homme d'affaires qui dirige le conseil d'administration du Matin, quotidien devenu hebdomadaire depuis le séisme. « La transmission de l'actualité n'est pas toujours impartiale, elle est émotionnelle, il n'existe pas de journalisme d'investigation », regrette-t-il.
Récemment, trois journalistes licenciés de la Télévision nationale d'Haïti ont accusé leur ex-patron de les avoir mis à la porte, car n'étant pas partisans de Michel Martelly, nouveau président. « Sweet Micky » fait d'ailleurs l'objet de toutes les attentions de la profession depuis que, lors d'une interview télévisée, il a semblé vouloir intimider ses interlocuteurs, coupables de poser des questions embarrassantes.
Dans un pays où beaucoup de journalistes ont été assassinés dans le passé, « il faut une vigilance de tous les instants », souligne Frantz Duval, du Nouvelliste. « Martelly a été un chanteur adulé, un chanteur controversé. Il a toujours eu des relations de séduction et d'intimidation, note-t-il. Pour l'instant, ce n'est jamais allé plus loin que ça. »
Selon M. Delva, « personne ne cherche à renforcer les institutions de presse. C'est dommage, car la presse a un grand rôle à jouer dans le processus de reconstruction et de développement d'Haïti...»

Clément Sabourin, collaboration spéciale
La Presse de Montréal